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Voir l'intégralité du tchat de Fabien Nury


1. Parler de la guerre à travers un businessman est un angle plutôt étrange ?

2. Comment, selon vous, pourrait-on faire pour parler plus de BD dans les médias ?

3. Est-ce que vous croyez à la BD numérique ?

4. Comment se passe techniquement la discussion avec le dessinateur ?

5. Vous qui venez-de la publicité, est-ce important dans votre travail ?

6. Comment est venue l'idée de cette série ?

7. Comment vous êtes-vous rencontré avec Sylvain Vallée ? Comment est-ce de travailler avec lui ?

8. Comment se passe le travail avec l'éditeur ?

9. Comment tu fais pour passer de "WEST" à "Il était une fois en France", d'un univers à l'autre ? Combien de temps mets-tu à écrire un scénario ?

10. A combien d'exemplaires sort votre BD ? Quelle est votre vente record ? Vivez-vous de la BD ?

<Interviewer> Fabien Nury est avec nous à l’occasion de la sortie du tome 3 de « Il était une fois en France ». Merci à Glénat de nous accompagner sur ce tchat.

<desina> comment vous êtes vous rencontrés avec Sylvain Vallée ?

<Fabien Nury> C’est un mariage d’éditeur. On envoie un scénario à un éditeur, qui connaît des dessinateurs, et en fonction des projets, il les adresse à tel ou tel dessinateurs. Là, C’est Glénat qui nous a présenté, on est allé au resto, on a dit qu’on s’appréciait, et c’était bon ! Généralement, c’est deux auteurs qui se connaissent qui décident de travailler ensemble, soit un mariage d’éditeur, mariage heureux dans ce cas là. Ce n’est pas l’éditeur qui décide d’un sujet et demande a un scénariste de travailler dessus, il reçoit des projets et si cela l’intéresse, alors il fait la mise en relation.

<bd45> comment se passe le travail avec l'éditeur ?

<Fabien Nury> L’éditeur lit les scénarii, fait ses remarques, ou pas s’il aime bien. En l’occurrence, sur Il était une fois, on est laissé tranquille. Après, il y a le lancement, et c’est l’inverse, c’est l’auteur qui peut faire ses remarques ! Nous ne sommes pas trop « chiant » je crois. Sur les jeunes auteurs, l’éditeur est bienveillant et t’oblige à te poser des questions, à aller au bout. Il est bon d’avoir des critiques, de l’éditeur de l’autre auteur, ou de soi même.

<abakz> quels sont tes prochains projets?

<Fabien Nury> Nous sommes sur « La mort de Staline », avec Thierry Robin (qui a dessiné Rouge de Chine), c’est sur la mort de Staline, bien sur, mais ce sera drôle.
Prequel à la série « Je suis Légion », cela pourrait s’appeler « les chroniques de légion », avec plusieurs dessinateurs, les suites de West, les sites de Benson Gates, la suite de « Il était une fois en France ». Le tome 4 est écrit et sort en octobre 2010, c’est Sylvain qui bosse maintenant.

<ludik> ne vous êtes vous jamais tourné vers le dessin ?

<Fabien Nury> Enfant, j’aimais bien dessiner, mais c’est long, difficile, et c’est un vrai métier ! Les dessinateurs ont un talent que je n’ai pas. Je préfère écrire, c’est plus simple.

<pubard> est ce que vous êtes parfois un peu nostalgique de l'époque ou vous travailliez dans la pub ?

<Fabien Nury> Jamais, je suis incapable de vendre autre chose que ce que je raconte, je suis devenu un mauvais publicitaire depuis que je fais des scénarii. Vendre un déodorant ou discuter avec un chef de produit, cela ne m’intéresse plus, je ne fais plus l’effort. Mais j’ai toujours beaucoup d’amis dans ce métier.

<cineman> êtes vous allé voir le film Lucky Luke ?

<Fabien Nury> Non, je ne suis pas allé voir Lucky Luke, je regarde plutôt les vieux films en DVD. Quand je vais au cinéma c’est pour voir des films anciens.

<fandebous> bravo, je suis tout simplement fan ! C’est comment de travailler avec Vallee ?

<Fabien Nury> C’est hyper agréable. C’est la Mercedes SL 500 dans la bande dessinée ! C’est confort, Il va hyper vite, intelligent, et il a un dessin hyper expressif. Il lit bien entre les lignes, sans qu’on ait besoin de tout dire. En plus, il aime la bonne bouffe, et on est devenu copain.

<Interviewer> On dirait que la bonne bouffe, c’est important dans votre métier !?

<Fabien Nury> En effet, beaucoup de contrats se concluent autour d’une bonne table. Tien, par exemple, moi je sors Il était une fois en France systématiquement en Octobre, pour pouvoir en parler au Festival de Saint Malo, très bon festival, ou le vendredi, pour les auteurs, il y a un gigantesque buffet de fruits de mer. C’est une bonne raison pour sortir mes bouquins en octobre pour les 10 prochaines années, à cause du buffet !

<Lidermaximo> Pourquoi le thème de il était une fois en France vous intéresse autant ? C’est assez étrange comme angle de parler d'un businessman ?

<Fabien Nury> Ce n’est pas un film de guerre, c’est un polar criminel. C’est dans la tradition des « Parrain », Les « Il était une fois en Amérique » et plus récemment « Les sopranos ». Pour ces population là, l’occupation aura été ce que la prohibition a été aux US. Pour le crime organisé, cette période d’occupation a été une grosse période, qui a structuré leur activité après. L’histoire du crime en France est sous évaluée à mon sens, nous qui avons créé la Traite des Blanches et le trafic d’héroïne. L’histoire vrai du bonhomme m’intéresse aussi, plus que le genre du polar.

<louis30> Avez-vous connu des "monsieur joseph" dans votre vie ?

<Fabien Nury> J’ai connu des escrocs. Les relations ont été de joyeuses à judiciaires !

<benoit> enchanté de faire votre connaissance, je suis un très grand fan de la série

<dze> comment se passe techniquement la discussion avec le dessinateur sur la BD ?

<Fabien Nury> J’écris un scénario, c’est détaillé, planche 1, intérieur, petit salon, case une vue contre champs etc. Le scénario est très précis. Sylvain fait un story-board, encore plus précis, et donne le jeu des acteurs, et nous en parlons beaucoup. Ensuite, Sylvain s’occupe du dessin. On s’occupe de la mise en scène parfois, mais certains dessinateurs n’en ont pas du tout besoin. La toute première fois, pour la création des personnages, le dessinateur travaille sur des pistes, et on en parle. La difficulté, c’est de travailler sur un personnage sur lequel le dessinateur sera à l’aise pour le faire évoluer, le faire vieillir, etc. C’est le plus important.

<Pumpskin> comment faites-vous vos recherches pour rester au plus proche de la réalité du contexte historique ?

<Fabien Nury> Je lis, je regarde des documentaires, et du temps sur Internet, ou plus en fonction de la richesse des ressources qu’on trouve. Pour des détails, on travaille beaucoup sur photos d’archives car il vaut mieux qu’un panneau indicateur qu’on dessine dans une scène qui se passe en 1943 soit le bon.

<LadyS> qu'est ce qui vous attire dans la seconde guerre mondiale ? Vous avez publié plusieurs albums sur ce thème

<Fabien Nury> J’ai publié « Je suis légion » et « Il était une fois en France » sur cette période, mais aussi quinze autres albums qui ne sont pas sur cette période et on ne me demande jamais pourquoi je suis attiré par ces autres périodes ! Mais c’est la période la plus grave du 20ème siècle, et c’est l’horreur absolu, mais avec des destins exceptionnels.

<luigijos> comment est venue l'idée de il était une fois en France ? <move490> Comment est venue l'idée de cette série ?

<Fabien Nury> en lisant des bouquins historiques. J’ai fait les Brigades du Tigre avec Xavier Dorison il y a 4 ans, et j’ai lu des livres sur la bande à Bonnot, l'anarchie, le travail de la police au début du siècle, et comme cela m’intéressé, j’ai poussé sur les années 20 à 50. Et dans tout cela, il y avait Monsieur Joseph, beaucoup plus intéressant que tous les gangsters corses. Je me suis orienté dessus au fil des lectures.

<fabfan> Merci Fabien pour tes bd, j'adore? Comment tu fais pour passer de West ? necromancy et il était une fois en France? D'un univers à l'autre comme ça?

<Fabien Nury> Cela ne se fait pas de jour en jour, généralement, quand l'album sort, je l'ai fini depuis un an. Le hasard éditorial fait qu'on a l'impression que je sors 4 albums d'un coup. Mais je les ai écrit à des périodes différentes. En même temps, travailler sur les univers différents, j’adore : La prohibition, j’aime bien, Monsieur Klein ou l’armée des ombres, j’adore, West m’a permis aussi d’aller à Cuba.

<neile> Joanovici en fait, c'est comme un trader d'aujourd'hui non ? Bon sans le côté nazi c'est sur?

<Fabien Nury> Joseph n’est pas Nazi, il est apolitique et amoral. Joanovici serait riche aujourd’hui, avec le commerce des matières premières avec les chinois ! Il a la bosse du commerce.

<oriane> En dehors de la BD, quelles sont vos passions ?

<Fabien Nury> Je ne suis pas à lire une BD par jour, mais j’en lis beaucoup, sinon, le cinéma. La pêche à la truite, le tennis, le ski.

<under-k> Trouves tu tes inspirations avant tout dans le cinéma ?

<Fabien Nury> Le cinéma m’influence, mais je trouve mes inspirations dans les faits réels. Le cinéma, j’ai grandi avec, mais ce n’est pas les sujets du cinéma, mais la façon de les filmer qui m’influence.

<poupon> Quel est le dernier film que tu sois allé voir ?

<Fabien Nury> Grand Torino, de Clint Eastwood, en DVD, la vengeance aux deux visages.

<fabfan> Salut Fabien, bravo pour tes scénars. La pub est-elle importante dans ton travail toi qui en viens ?

<Fabien Nury> Cela me sert à trouver des slogans, à trouver des images. Cela aide à vendre, mais pas à faire des bonnes histoires. Les Quatrièmes de Couv, les bandes annonces sont les sujets dans lesquels je m’implique.

<manpower> qu'avez vous pensé de la bande annonce autour de votre bd ?

<Fabien Nury> J’en suis content puisque je l’ai faite avec des supers copains, et avec Glénat qui m’a fait confiance. J’ai même choisi les citations presses peu humble au début des bandes annonces !

<mozer> Merci pour ce tchat. Sympa de vous voir fabien. Combien de projets avais vous en cours ?

<Fabien Nury> J'ai 10 albums signés, écrits et dialogués d’avance, J’ai beaucoup travaillé. Cela me permet de me consacrer à mon autre passion qui est le Cinéma
J'ai des projets de scénarii. Il y en a un ou nous avons le casting et l'argent, mais il faut attendre la disponibilité des stars, il y a en ou je cherche un réalisateur : Adaptation de Je suis légion ; adaptation de La Traque, d’Herbert Libermann, un projet de film de grande aventure français, et un petit thriller, pour mon premier film en tant que réalisateur, mais il nous manque les sous pour l’instant.

<kazde> Qu'avais tu pensé du film les brigades du tigre ? Connaissais tu la série ?

<Fabien Nury> je connaissais la série et je l'ai potassée. Le film a été filmé honnêtement. Le reproche, c'est qu'on a voulu tout mettre dedans. Les emprunts russes, la bande à Bonnot. On aurait du faire deux films distincts. Cela reste un bon film pour moi, mais on a oublié d’être fun.

<djed> est-ce que tu trouves autant de plaisir dans le métier de scénariste que de réaliser les dessins ?

<Fabien Nury> ce sont deux plaisirs différents. J'aime bien écrire, le coté gestion d'équipe avec des créatifs, même si on est que deux.

<djed> Combien mets tu de temps a la rédaction d'un scénario

<Fabien Nury> Je mets des années à construire à scénario, mais l'écrire, c'est quelques jours si tout est bien construit initialement. 1 semaine au minimum. Un exemple : « Il était une fois en France » tome 2, la partie dialoguée à pris 5 jours
Mais avant, c'est des mois de travail !

<Lucille> La BD qui est sur ta table de chevet ?

<Fabien Nury> il y a l'intégrale de « Les errances de Julius Antoine », et « Les immergés ». Ma table de chevet tourne beaucoup !

<Pumpskin> Y a t-il un auteur avec qui vous aimeriez ou vous auriez aimé travailler ?

<Fabien Nury> Tout le monde rêve de travailler avec Jean Giraud. Sinon, je ne désespère pas de travailler avec Alex Alice, Mathieu Bonhomme. Miller, sacré classe, mais il écrit tout, donc pas de chance. J'aurais rêver déjeuner avec Goscinny, Charlier, c'était des génies. Allan Moore, dans un style plus cérébral.

<questionaja> Vous travaillez en musique, avec la radio ? Bref, avec du bruit ? Ou dans un calme absolu ? Et comment bossez vous, le matin, l'aprème, la nuit ?

<Fabien Nury> je travaille en musique, et j'ai un mode random sur mon Ipod, pas de genre fixe. Je peux mettre des BO de films. Pas de silence, et même quand je travaillais en agence de pub, il y avait toujours du « bordel ». Je travaille un peu le matin, mais je n'ai pas d'horaire. Je travaille en fonction de délais, qu'il faut respecter. Alors, j'organise mon temps.

<Capitaine Haddock> Bonjour Fabien. Je suis toujours stupéfié par l'incroyable de Joseph Joanovici que vous nous faites découvrir petit à petit (encore 3 tomes!!!). Envisagez-vous une adaptation à la télévision (sous forme de série courte, façon 'Un Village français')?

<Fabien Nury> nous envisageons des adaptations audiovisuelles, mais on ne sait pas sous quelle forme. Un film, 6 fois 52’ ? Mais ne pas oublier que c'est d'abord une BD. Il y aura 6 BD

<cauf201> Bonjour, je voudrai savoir de combien de tome la série va t'elle se composer? Et dans combien d'année sera t'elle malheureusement terminée? (Oui j'ai hâte savoir la suite). La série a t’elle déjà un nombre de tome prédéfinis?

<Fabien Nury> au final, il y aura 6 albums. Pas plus, à la fin, il est vieux, il meurt, on ne peut pas lui faire vivre d’autres aventures.

<jo> C'est quoi un salaud ordinaire ? Ce serait qui maintenant le gros Joseph ?

<Fabien Nury> Aujourd'hui, cela serait, enfin dans les années 80, Bernard Tapie ! Comme joseph, dans les années 40. Manufrance, club de foot, addidas, Bokassa, c’est polémique.

<puck> Le choix d'un dessin réaliste était une évidence pour cette série ? Emane-t-il de vous ? Du dessinateur ? De l'éditeur ?

<Fabien Nury> le dessin n'est pas réaliste, il est mi-caricatural. Au début j’avais imaginé un dessin réaliste, car le scénario l’est, mais le dessin de Sylvain est le plus expressif et facile à lire, ce qui était les impératifs.

<pseudo> Qu'est ce qui vous anime fabien dans tous vos scénarios ?
<bellet> vous avez une ligne de conduite ? Un suivi dans tous vos scénarios ?

<Fabien Nury> l'immense plaisir de raconter des histoires, et le fait que je passe ma vie à découvrir des histoires. Cela me plait, et qu'on peut faire plein de voyages par les histoires. Sur la ligne de conduite, tu travailles, dans les premières années, on essaie de se forger une technique, qu'on cherche à déconstruire ensuite, avec des tons différents, avec d’autres collaborations.

<ecdd> comment vous êtes vous mis à la bd ?

<Fabien Nury> j'ai fait des études de commerce, très utiles car j'ai fait un stage chez Glénat. C’est par mes études de commerce que j’ai rencontré Xavier Dorison, Mathieu Lauffay. Tu rencontres des gens passionnés de DB. Et il y avait un festival de BD des grandes écoles, qui renaît cette année d’ailleurs. Je trouvais que raconter des histoires, cela ne nécessite que du papier, ou un ordinateur, ce que j’avais déjà, et comme on est en début de chaîne, on peut voir ce que les autres font du texte. Quand j'avais 19 ans, j'avais peur de ne pas arriver à la fin d'un scénario. Mais j'ai réussi à aller au bout de ce premier scénario, même s’il n’était pas très bon.
Quand j’ai commencé à travailler en agence, j’envoyais mes premiers scénarii.
C’est Xavier Dorison qui m'a mis le pied à l'étrier. Il voulait faire du script Doctoring. On fait des fiches d’analyses de scripts, cela évite de lire tout le script. Et il me parle du vague idée qui parle de WEST, et je lui donne des idées, et il me dit qu’on peut travailler dessus. Il venait de sortir le tome 3 du testament, il était sur une bonne vague.

<Jibi> Comment avez-vous rencontré Sylvain Vallée?

<Fabien Nury> Par un éditeur chez Glénat. Sylvain m’a fait des crobars super bien sur les personnages.

<lolotte> Je voulais te dire que j'aime bien comment t'écris. Le dessin ne t'attire pas ?

<Fabien Nury> toujours pas.

<emmanuelchain> A combien d'exemplaires sort votre bd ? Quelle est votre vente record ?

<Fabien Nury> Le tome 3 sort à 50 000 exemplaires. Le tome 1 était à 70 000. C’est out il était une fois en France. Il faut parler des cumuls. Quand un tome 2 sort, les gens achètent de nouveau le tome 1, qui fait donc au total de meilleures ventes.

<louploup32> Vivez-vous de la BD ?

<Fabien Nury> je vis de mes scénarios et du fait que j'écrive pour le cinéma. 2/3 bédé 1/3 cinéma. On arrive à en vivre quand on a une série qui fonctionne. Mais cela reste chaud pour beaucoup de monde. J'ai travaillé par ailleurs pendant 4 ans après la sortie de mon premier succès. En BD, en dégringole toutefois moins vite qu'au cinéma ou à la musique. Sur la durée, cela tient bien. Mais il ne faut pas abandonner son autre métier trop vite, & ne peut pas vouloir vivre tout de suite à Paris à tout prix. C’est le nombre d'albums qui fait qu'au cumul on touche. Pour l'instant, j'en suis à 20.

<mozer> Est-ce que vous trouvez comme moi que 13€ c'est quand même très cher pour une bd ?

<Fabien Nury> Tout dépend de la Bédé, si je passe 5 minutes, c'est trop cher payé, si je passe 1 heure, non, cela est raisonnable. Les produits culturels sont chers. Je vois les dessinateurs travailler et si c'est 1 an et demi de travail d'une personne, ce n'est pas si cher. Mais il faut bien choisir l’album qu’on va acheter.

<blois33> Fais tu beaucoup de festival ? Seras tu à Blois fin novembre ?

<Fabien Nury> Je ne serai pas à Blois, car j'ai fait Angoulême, St Malo, paris, Bruxelles. Généralement, c'est le dessinateur qui intéresse plus que le scénariste, je me cale sur ses dates pour lui tenir compagnie. Les rencontres et conférences, c’est intéressant.

<djed> Est-ce qu'être scénariste c'est aussi gratifiant que dessinateur ?

<Fabien Nury> Oui. , le dessinateur passe son temps à dessiner, moi je parle beaucoup !

<rolandou> Comment ? Ton avis on pourrait faire pour parler plus de bd dans les médias ?

<Fabien Nury> il faudrait montrer la diversité. Il y a un snobisme de caste vis a vis de la BD, mais les gens et les choses changent. La télé vis-à-vis du cinéma, le cinéma vis-à-vis de la musique, la musique vis-à-vis de la BD etc. Ce qui est bien de cet oubli médiatique, c'est que les gens à qui on parle sont des vrais passionnés de Bédé. C'est plus sain, moins brutal. Les festivals, c'est cool. Je suis attentif sur les forums, car on voit des lecteurs et des gens passionnés, plutôt bienveillants. Les rencontres, dédicaces, c'est bien

<iolep11> la BD numérique... vous y croyez vous au final ?

<Fabien Nury> le numérique se prête au strip. Pour les BD classiques, ce n'est pas encore cela. La case est déformée, tu lis sur un timbre poste. Il faudrait des livres numériques plus au point. Je n’ai pas de problèmes avec la BD téléchargeable tant que ce n'est pas anarchique, comme pour la musique. Il est difficile de plaindre les maisons de disques qui pendant des années, se sont gavées, sans apporter de nouveaux supports. Aujourd’hui, sous couvert de la gratuité, ce sont les FAI qui cherchent à "bouffer" les éditeurs, et vous verrez qu'une fois qu'ils auront gagner, il y aura moins de gratuité. Je suis pour faire payer les fournisseurs d'accès pour ces contenus. Ils font un racket.

<Fabien Nury> Merci pour les questions, et si vous avez d'autres questions, j'y répondrais !